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Des gènes de plantes : sources alternatives des biocarburants ?

Le 10 juillet 2012

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Les biocarburants sont une des alternatives de remplacement des énergies fossiles, notamment pour le pétrole. Une découverte des chercheurs du Laboratoire de Biogénèse Membranaire pourrait ouvrir, grâce à des levures, une nouvelle piste à leur production.

Les plantes présentent la particularité d’avoir leurs parties aériennes recouvertes par une pellicule (la cuticule) qui est une couche de lipides particuliers. Celle-ci protège la plante des aléas climatiques (sécheresse) et des agressions par les parasites.

Depuis 1929, la voie métabolique et a fortiori les gènes et enzymes impliqués dans la synthèse des alcanes chez les végétaux demeuraient inconnus : les chercheurs de l’équipe de René Lessire (Laboratoire de Biogenèse Membranaire UMR 5200 CNRS, Université Bordeaux Segalen) viennent de reconstituer dans une levure génétiquement modifiée la voie de biosynthèse des alcanes*.

Ces travaux ouvrent de nouveaux champs d’investigation dans le domaine de la résistance des plantes aux changements climatiques, mais laissent également envisager que la possibilité d’une production d’alcanes par un microorganisme comme la levure pourrait constituer, de manière réaliste, une source alternative de biocarburant.

Cette découverte est importante car la production des biocarburants peut avoir des conséquences négatives. Produits à partir de matières organiques d'origine végétale, animale ou fongique pouvant devenir source d'énergie (par combustion, transformation partielle en gaz méthane ou par transformation chimique), ils sont une des alternatives de remplacement des énergies fossiles, notamment pour le pétrole.

Or, leur production nécessite des mises en culture extensives qui réduisent la surface des terres cultivables disponibles, et peuvent concurrencer la production de nourriture. Cet aspect n’est pas négligeable lorsque ces cultures s’effectuent dans des pays en voie de développement.

Par ailleurs, un important besoin de surfaces cultivables peut mener à la déforestation. Or, détruire des arbres -et notamment des forêts primaires- c’est réduire la réabsorption de CO2 donc produire plus de gaz à effet de serre, ce qui va à l’encontre d’un des principaux arguments en faveur des biocarburants.

On le voit, la situation est loin d’être simple … la levure pourra-t-elle fournir des solutions ?

* Bernard A. et al, 2012, Plant Cell

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Dernière mise à jour le 10.07.2012