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Pascale Barberger-Gateau, responsable de l’équipe "Epidémiologie de la nutrition et des comportements alimentaires"

"Nous analysons dans la population générale les relations entre alimentation et déclin cognitif"

Crédit photo : François Guenet

Le Docteur Pascale Barberger-Gateau est responsable de l’équipe « Epidémiologie de la nutrition et des comportements alimentaires » du Centre de Recherche Inserm U897. L’étude des  relations entre l’alimentation et le vieillissement cérébral  est  au cœur de ses  recherches qui font référence dans le monde entier.



Depuis quelques années, le vieillissement du cerveau et de surcroît la maladie d’Alzheimer sont devenus des priorités nationales de santé publique. Pourquoi ?

On estime qu’il y a plus 800 000 cas de démence du sujet âgé dans notre pays. Et parmi ces milliers de malades, c’est la maladie d’Alzheimer qui est la plus fréquente. Ce problème de santé publique est d’autant plus inquiétant qu’il n’existe pas encore de traitement pour cette maladie. En revanche, on s’est rendu compte que la nutrition peut jouer un rôle primordial de prévention sur le vieillissement du cerveau. C’est une des pistes de recherche que je m’efforce de développer au sein de l’Institut de Santé Publique, d'Épidémiologie et de Développement (ISPED) qui est un des organismes de recherche pionniers en la matière.

Quelle est donc l’influence de l’alimentation ?

Il faut tout d’abord savoir que l’alimentation apporte des nutriments indispensables au développement et au fonctionnement du cerveau. Ce sont les acides gras de la famille des oméga3 que l’on retrouve dans les poissons gras, les huiles végétales et certains légumes. Ce sont aussi  les antioxydants comme les vitamines C et E, et les caroténoïdes apportés par les fruits est légumes. Or, les études expérimentales chez l’animal suggèrent un rôle protecteur des nutriments antioxydants et des acides gras. Ces deux types de nutriments diminueraient les lésions neurodégénératives liées au vieillissement cérébral.

Chez l’animal …  mais comment le prouver chez l’homme ?

C’est le cœur de notre métier de chercheur en épidémiologie. Nous analysons dans la population générale les relations entre « alimentation » et « déclin cognitif ». Il y a deux grandes études d’observation françaises pour cela : PAQUID et 3 Cités. Prenons l’exemple, de l’étude des 3 Cités et plus précisément à l’intérieur de cette étude du projet COGINUT que je coordonne depuis plusieurs années. Nous avons suivi le comportement alimentaire et les performances intellectuelles de 9 294 sujets de plus de 65 ans durant 7 ans dans trois villes : Bordeaux, Dijon, Montpellier. Grâce à des prises de sang au début de l’enquête,  nous avons effectué des mesures d’acides gras  et des caroténoïdes ainsi que le dosage des marqueurs de l’inflammation et de l’oxydation des lipides. Résultats : les personnes âgées mangeant  du poisson au moins une fois par semaine  en association  avec une consommation quotidienne de fruits et légumes ont un risque diminué de 30% de développer une détérioration intellectuelle sévère. La consommation d’huile d’olive est également associée à une diminution du risque. Ces aliments sont à la base du régime méditerranéen.  Nous venons de publier ces  résultats dans de nombreuses revues internationales de référence : JAMA, Biological Psychiatry, Neurology, Neurobiology of Aging,

Pour rester dans le domaine international, quelles sont vos collaborations ?

Comme tous les chercheurs, nos collaborations internationales sont multiples mais je voudrais aujourd’hui braquer le projecteur sur la création de l’Institut de nutrition Aquitaine-Quebec  (INAQ) qui est le fruit de la coopération entre l’Institut des Nutraceutiques et des Aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval (Québec, Canada) et l’Institut de Recherche en Nutrition Humaine d’Aquitaine (IRNHA) de l’université et du CHU de Bordeaux. L’objectif de cette nouvelle entité est de répondre à des questions fondamentales de recherche. Comment se nourrir pour vieillir mieux ? La nutrition peut-elle proposer des solutions pour la  prévention de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer ou même du diabète ? En tant que Directrice scientifique de l’INAQ pour la France, je suis persuadée que cette collaboration avec nos amis québécois ouvre de nouvelles perspectives de recherche alliant l’approche in vitro, la clinique et l’épidémiologie.

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Direction de la communication
communication @ u-bordeaux2.fr
Dernière mise à jour le 27.10.2011