Sécurité sur les campus : diagnostic et préconisations

Un diagnostic partagé avec les étudiants et le personnel a été mené, avec des marches exploratoires associées à une enquête en ligne -enquête à laquelle ont répondu près de 5 000 personnes. Les résultats de ces recherches -effectuées sous l'égide de la mission Opération Campus- permettront de mieux penser les aménagements prévus sur le campus Pessac en 2018.

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Un campus « daté »

Le campus de Pessac – Talence – Gradignan (PTG), construit à la fin des années 60 afin de répondre à l’augmentation du nombre d’étudiants présente les caractéristiques de cette époque : constructions en béton, disposées en lignes, entourés de grands parkings et d’espaces verts.

Esplanade, campus Pessac © Olivier Got, université de Bordeaux

Ce très grand campus –le deuxième en superficie en France avec 235 ha- est en outre mal intégré aux communes environnantes. Il comporte de grands espaces, peu fréquentés : nombre de personnes y ressentent fréquemment un sentiment d’insécurité, ou de mal être.

 

Sensation d’insécurité : un diagnostic avéré

Ce diagnostic est clairement confirmé par les étudiants et le personnel de l’université. Différentes démarches permettent de s’en rendre compte, parmi lesquelles une enquête menée d’avril à mai 2017, menée auprès de la communauté universitaire (population étudiante et salariée).

Un campus fréquenté à 60% par des étudiantes.

Près de 5000 personnes ont répondu à cette enquête qui a permis de mettre en évidence que 50% de gens trouvent le campus inquiétant la nuit (contre 4% le jour). Les personnes adaptent leur comportement en conséquence, notamment en évitant les endroits mal éclairés (60% des personnes interrogées), en ne se rendant pas sur le campus en dehors des heures de cours ou de travail (50%) ou en évitant de se déplacer seuls (30%).

26% des personnes ayant répondu à l’enquête déclarent avoir vécu des faits relevant d’agression.

Types d'agressions

Survolez avec la souris pour voir les données.

 

Données ci-dessus établies sur un total de 4920 personnes interrogées, dont 3558 déclarant n'avoir subi aucune de ces situations.

 

Marches exploratoires

Cette méthode d'origine américaine, et déjà utilisée dans une vingtaine de villes en France, est mise en oeuvre pour la première fois sur un campus universitaire.

Les marches exploratoires ont pour but d'analyser les causes sociales et urbanistiques de l'insécurité et des pratiques d'évitement. Leur objectif est d'élaborer des préconisations pour un meilleur aménagement et un meilleur partage des espaces publics. Précédées d'une séance de repérage cartographique, 4 marches ont été réalisées de mai à octobre 2017.

 

Ces marches permettent de confirmer le caractère anxiogène du campus PTG, et de mettre en évidence entre autres points, les défauts d'éclairage et de signalisation, les absences de chemins matérialisés et éclairés, ainsi que des problèmes récurrents de harcèlement dans certaines résidences universitaires.

 

Nourrir la rénovation des campus

Ces recherches ont été menées sous l'égide et financées par la mission Opération Campus en vue de la rénovation qui aura lieu à partir de 2018. Marches exploratoires et enquête en ligne ont permis de dresser un premier état des lieux et de formuler des propositions d'aménagements.

Les marches exploratoires, centrées sur les questions d'insécurité, sont apparues comme un outil complémentaire, concret et pertinent pour apporter un autre regard sur le campus.

Eric Genay — Directeur Opération Campus Bordeaux

Ces préconisations seront intégrées au travail de programmation qui s'engage pour l'aménagement des espaces publics. Elles seront complétées par de nouvelles phases de concertation (projets Station campus et Campus en commun) qui s'engageront dès le début de l'année 2018 sur le campus Sciences humaines et sociales de Pessac.

  

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